AVANT PROPOS

 

La Politique dans le Monde Arabe :

Définir les caractéristiques d’une  » aire culturelle » telle que le monde arabe est un exercice délicat ! nous sommes en effet confrontés à deux exigences contradictoires :le refus d’enfermement dans la spécificité orientaliste d’une part et  le combat de la projection mécanique de principes forgés et hérités de la sociologie occidentale ,d’autre part, en somme une crise identitaire « politique  » . Par ailleurs les concurrences et rivalités n’ont rien d’original, mais le constat est que dans les pays arabes ,faire de la politique est incontestablement  un univers Violent mérite en revanche une explication.

La violence s’explique par l’absence à la fois d’institutions capables de réguler les prétentions rivales des groupes et individus et par l’existence d’une pluralité d’approches concurrentes d’ordre politique et social légitime. Loin de favoriser une politique de type  démocratique , ces états tendent à privilégier un mode de gouvernance fondé sur une concurrence entre groupement segmentés et donc vulnérables. Ainsi les dirigeants parviennent ainsi  à s’ériger en arbitres de prétentions sociales et idéologiques difficilement compatibles, procurant une pérennisation de leur domination,nonobstant la fragilisation de la faculté d’intégration nationale voire internationale des états.

Le monde Arabe est un lieu de concurrence vive entre des états qui ne cessent de s’affirmer les uns par rapport aux autres afin d’obtenir l prestige populaire mais surtout la reconnaissance internationale. Il existe en effet plusieurs mondes arabes,auxquels il convient d’ajouter une diaspora qui participe à l’accélération des influences entre sociétés arabes et occidentales. néanmoins, c’est dans le contexte régional arabe que se jouent les concurrences  pour asseoir leur pouvoir politique intérieur et extérieur.

Pour échapper au dilemme entre souveraineté autoritaire et instabilité  pluraliste, il aurait fallu que les régimes arabes s’appuient sur leurs sociétés respectives ,dans le cadre  d’un pacte démocratique,pour mieux  résister aux ingérences régionales où internationales .Rejetant cette option ,les dirigeants arabes préfèrent organiser les mécanismes d’une concurrence permanente entre les différentes forces sociales afin d’assurer aux régimes les bénéfices d’une (fausse) position arbitrale en surplomb. Cette entreprise a pris une une forme de gestion clientéliste des différents segments sociaux (Castes) de différentes horizons. Cette fragmentation sociale engendre une vulnérabilité à l’échelle de chaque groupe social,ainsi l’entretien de cette vulnérabilité a constitué une composante essentielle du rapport à l’état et aux régimes politiques qui le contrôlent.Même si les discours officiels invoquent une citoyenneté individuelle utopique,la pratique des dirigeants  opte pour une approche segmentaire de la société obligeant l’individu à faire son deuil de la composante citoyenne de son identité au profit d’un enfermement dans un groupe d’appartenance créant ainsi la pratique du « Clan »

La manipulation de la structure sociale exige une capacité à jouer sur les contradictions d’intérêts et les ambitions rivales aussi bien entre les différents segments d’une société qu’à l’intérieur même de ces segments. Ainsi par exemple la minorité Alaouites au pouvoir en Syrie a constamment chercher à souder en sa faveur le groupe confessionnelle dont elle est issue (10 % de la population )en jouant sur la peur d’une revanche confessionnelle de la majorité sunnite dans l’hypothèse d’un changement de régime.Parallèlement elle a ouvertement favorisé la promotion sociale et politique d’éléments périphériques au sein de la population sunnite, afin de bâtir des alliances interconfessionnelles. très tôt engagée,à une époque celle du mandat français sur la Syrie,où le métier des armes était méprisé par la bourgeoisie sunnite, la conquête progressive de l’appareil militaire a ainsi pu s’accomplir grâce à un recrutement de type particulariste,chaque officier intégrant dans l’armée des membres de son clan et de sa région pour élargir sa base de pouvoir ( Van Dam 1996).

Dans leurs stratégies informelles de mise en concurrence des différents segments sociaux,les régimes arabes se sont généralement appuyés sur un « groupe de stabilité »pour assurer leur survie. La prévalence de ces logiques internes propres aux différents régimes arabes a empêché l’Émergence d’une culture politique acceptée par tous les groupes sociaux,et a ,au contraire ,favorisé la profusion des affirmations identitaires et des référents idéologiques. Les gouvernements arabes tendent à exceller dans un certain éclectisme idéologique,modulant leurs lexiques discursifs selon l’identité de leurs destinataires en mettant tour à tour en avant les droits de l’homme auprès des élites libérales,et de leurs relais aux États-Unis et en Europe, les valeurs religieuses auprès des mouvements islamistes locaux,la libéralisation économique auprès des dirigeants d’entreprises ,etc. dés Lors le concept d’ « opposition politique « devient lui-même incertain voire caduque!

 

FARE AN KA WULI FRANCE |
UNION LOCALE CGT PESSAC |
CGT FAPT Gironde |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Le comite libertaire
| RESPOLITIC
| Goldmansucks